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L''''exploitation''' est le processus par lequel un tiers s'approprie la [[plus-value]] des travailleurs.
'''L'exploitation''' est l'appropriation forcée de la [[valeur surplus]] des travailleurs. Elle prend différentes formes sous différents systèmes de classes et continue d'exister dans les étapes inférieures du [[Socialisme]]. Elle disparaît seulement dans la société communiste.


== Théorie ==
== Dans la société capitaliste ==
Sous le [[capitalisme]], la valeur que le [[prolétariat]] apporte à l'entreprise, la [[bourgeoisie]] ne peut payer qu'une fraction de cette valeur. Le salaire qui est payé représente le coût de la vie pour le travailleur salarié et le reste de la valeur va à la bourgeoisie sous forme de [[profit]]. Les prolétaires sont également exploités lorsqu'ils achètent des marchandises qui seront probablement vendues à un prix plus élevé que le coût de leur production.


Sous le [[capitalisme]], la [[bourgeoisie]] s'approprie la plus-value de la [[prolétariat|classe travailleuse]] par le [[salariat]].
== Dans la société socialiste ==
Le socialisme, en tant qu'étape de transition entre le capitalisme et le communisme, héritera de nombreux éléments du capitalisme. L'exploitation persistera encore, mais sera généralement moins importante en quantité que l'exploitation sous la société capitaliste. Dans une [[entreprise d'État]], les travailleurs peuvent être payés une fraction de la valeur apportée à l'entreprise, mais comparé à une entreprise capitaliste, une plus grande partie de la valeur surplus extraite peut circuler comme financement pour les services publics et ainsi la valeur surplus extraite revient finalement au travailleur. Les [[coopératives]] ont également le potentiel d'exploiter les non-membres par l'échange de marchandises ou par des [[externalités]] telles que la création de [[pollution]].


L'accumulation capitaliste se fait par le mouvement des marchadises '''A-M-A'''': le bourgeois part d'une certaine somme d'argent ('''A'''), avec lequel il achète sur le marché des marchandises ('''M''') dont une marchandise particulière, le travail, qui a la particularité de produire de la valeur, ce qui permet au bourgeois de revendre des marchadises transformées à un prix plus élevé ('''A'''').
==Théorie==
L'exploitation est l'appropriation (prise) du [[produit surplus]] par l'individu ou la classe qui contrôle les [[moyens de production]].<ref>Collins, 2001
</ref>


La valeur finale des marchadises ('''A'''') étant plus élevée que le coût initial ('''A'''), le bourgeois réalise un profit (la plus-value créée par le travail, '''p'''). Les marchandises achetées se décomposent en, d'une part le capital constant ('''c''', appelé comme tel parce que sa valeur est directement retranscrite dans celle de la marchandise finale): les matières premières, l'usure des machines, etc., et d'autre part du capital variable ('''v''', car il produit de la valeur): les salaires, soit le minimum que le bourgeois peut payer pour que le salarié puisse continuer à travailler.
Le produit surplus est le produit qu'une société ou un individu produit en excès de leurs besoins de survie. Le produit surplus permet à une société de croître et de progresser techniquement et culturellement, et il ouvre la possibilité d'un [[loisir]] accru. Cependant, le produit surplus est également la base de [[inégalité économique]] : si tous les membres de la société ne font que survivre, alors tous sont essentiellement égaux ; mais une fois qu'un surplus existe, certains peuvent recevoir une partie du surplus et d'autres non. La société de classes s'est développée sur la base d'un partage inégal du produit surplus, d'abord comme société esclavagiste dans laquelle les propriétaires d'esclaves vivent du produit surplus des esclaves ; puis comme société féodale dans laquelle les seigneurs vivent du produit surplus des serfs, maintenant comme société capitaliste dans laquelle les capitalistes vivent du produit surplus de la classe ouvrière. Le fil conducteur qui traverse l'histoire depuis les sociétés esclavagistes est qu'une classe dominante contrôle les moyens de production et vit en exploitant le travail de la classe subordonnée qui constitue la grande majorité de la population. Cette exploitation a toujours nécessité que la classe dominante emploie un système de techniques pour contraindre les gens à travailler.<ref name=GSE-E>''Grande Encyclopédie Soviétique,'' "Exploitation."
</ref>
La contrainte extra-économique (violence non déguisée) a caractérisé les sociétés esclavagistes et féodales, tandis que le capitalisme a développé un système qui reposait sur la contrainte économique pour travailler.


C'est là que se trouve l'exploitation: le travailleur ne perçcoit pas l'intégralité de la valeur qu'il produit. Ce n'est pas un jugement moral, mais une description du mode de production capitaliste. Le '''taux d'exploitation''' peut dès lors être calculé comme étant le travail non-rémunéré divisé par le travail rémunéré: '''t<sub>e</sub>=p/v'''
Le degré d'exploitation est mesuré par le rapport entre le produit surplus et le produit nécessaire à la survie (le ''produit nécessaire''); en d'autres termes, c'est le rapport entre le travail surplus et le travail nécessaire.<ref name=GSE-E />
Sous le capitalisme, où le produit et le travail peuvent être exprimés en termes de [[valeur]], le degré d'exploitation peut également être exprimé comme le rapport entre la valeur surplus et les salaires:
<div style="margin:0 1.7em 2em 5em">
<div style="font-size:180%;">
E = S / V
</div>
<div style="margin-left:2em; margin-top:1.5em">
Où:
 
'''E''' = taux d'exploitation (également appelé taux de la valeur surplus)<br/>
'''S''' = valeur surplus<br/>
'''V''' = salaires (Karl Marx appelait les salaires 'capital variable')
</div>
</div>
 
Sous le féodalisme, l'exploitation était basée sur la propriété des terres par les seigneurs féodaux et la propriété partielle de la force de travail. Le produit surplus créé par le travail des serfs paysans était approprié sans rémunération par les seigneurs féodaux et prenait la forme du fermage féodal. L'exploitation féodale est passée par deux étapes principales : l'économie de la [[corvée]] et l'économie du [[quitrent]]. Dans l'économie de la corvée, le paysan travaillait une partie du temps sur les terres du seigneur féodal et une partie sur le lopin de terre qui lui était alloué. Le travail nécessaire et le travail surplus étaient séparés l'un de l'autre dans le temps et dans l'espace. Sous le système du quitrent, tout le travail était effectué sur la ferme du paysan. Dans l'économie de la corvée, le travail surplus prenait la forme du fermage en travail ; dans l'économie du quitrent, le fermage était payé en produits ou en espèces.<ref name=GSE-E />
 
L'appropriation du surplus dans le mode de production capitaliste découle du caractère spécifique de son processus de production, en particulier de la manière dont il est lié au processus d'[[échange]]. Les capitalistes s'approprient un surplus parce que les capitalistes achètent la [[force de travail]] des travailleurs à un salaire égal à sa valeur, mais, en contrôlant la production, ils extraient un travail supérieur à l'équivalent de ce salaire. Marx différait des économistes politiques classiques, qui voyaient l'exploitation comme résultant de l'échange inégal du travail contre le salaire. Pour Marx, la distinction entre travail et force de travail permettait à cette dernière d'être vendue à sa valeur tandis que le premier créait le surplus. Ainsi, l'exploitation se produit dans le mode de production capitaliste à l'insu des participants, cachée par la façade de l'échange libre et égal (voir [[fétichisme de la marchandise]]).<ref name=SH >Susan Himmelweit, 1991.</ref>
{{Citation|La sphère de la circulation ou de l'échange des marchandises, dans les limites de laquelle se déroulent la vente et l'achat de la force de travail, est en fait un véritable Éden des droits innés de l'homme. [Mais si nous ] . . . en compagnie du propriétaire de l'argent et du propriétaire de la force de travail, quittons ce lieu bruyant, où tout se passe en surface et sous les yeux de tous, et suivons-les dans l'antre caché de la production, sur le seuil duquel est accrochée l'enseigne 'Entrée interdite sauf pour affaires', ici nous verrons, non seulement comment le capital produit, mais comment le capital lui-même est produit. Le secret de la réalisation des profits doit enfin être dévoilé !|''Le Capital I,'' ch. 6}}
 
Mais la 'réalisation des profits' n'est rien d'autre que l'exploitation capitaliste. Son secret a donné lieu à l'étude de l'économie politique ; et depuis que Marx l'a révélé, l'économie orthodoxe s'est consacrée à le cacher à nouveau. Aucun mode de production précédent n'a nécessité un tel travail intellectuel pour déterrer, exposer et ré-enterrer sa méthode d'exploitation, car dans les sociétés précédentes, les formes d'exploitation étaient transparentes : tant de jours de travail donnés, ou tant de blé réclamé par les représentants de la classe dirigeante. Le capitalisme est unique en cachant sa méthode d'exploitation derrière le processus d'échange, rendant ainsi l'étude du processus économique de la société une condition nécessaire à sa transcendance. L'exploitation est également obscurcie par la manière dont le surplus est mesuré dans le mode de production capitaliste. Le taux de profit (s/(c+v)) calcule la plus-value comme une proportion du capital total avancé, constant et variable, le ratio des intérêts aux capitaux individuels, car c'est selon la quantité de capital total avancé que les parts de plus-value sont appropriées. Mais à mesure que le capital s'étend, le taux de profit peut baisser, cachant une augmentation simultanée du taux d'exploitation défini comme le ratio du surplus au travail nécessaire, le taux de plus-value, s/v (voir [[taux de profit décroissant]]).<ref name=SH />
 
L'exploitation d'une classe par une autre rend les relations entre les classes antagonistes et donne lieu à la [[lutte des classes]].
 
L'établissement de la propriété sociale des moyens de production élimine les classes exploitantes et met fin à l'exploitation de classe.<ref name=GSE-E />
 
== Exploitation extensive vs intensive ==
 
== Autres œuvres ==
* Académie des sciences de l'URSS, . ''Grande Encyclopédie soviétique,'' "Exploitation". Disponible sur [https://encyclopedia2.tfd.com/exploitation The Free Dictionary] et [https://greatsovietencyclopedia.fandom.com/wiki/Exploitation Fandom wiki farm]
* Collins Dictionary of Sociology, 3e éd., 2000. "Exploitation et appropriation" (HarperCollins). Consulté via [https://encyclopedia2.tfd.com/exploitation The Free Dictionary]
* Susan Himmelweit, 1991. "Exploitation," in Tom Bottomore, ed. ''A Dictionary of Marxist Thought'' (Blackwell)
 
== Références ==
<references />
 
[[Catégorie:Marxisme]] [[Catégorie:Économie marxiste]] [[Catégorie:Économie politique]] [[Catégorie:Exploitation| ]] [[Catégorie:Travail]]

Dernière version du 15 novembre 2025 à 20:32

L'exploitation est l'appropriation forcée de la valeur surplus des travailleurs. Elle prend différentes formes sous différents systèmes de classes et continue d'exister dans les étapes inférieures du Socialisme. Elle disparaît seulement dans la société communiste.

Dans la société capitaliste[modifier | modifier le wikicode]

Sous le capitalisme, la valeur que le prolétariat apporte à l'entreprise, la bourgeoisie ne peut payer qu'une fraction de cette valeur. Le salaire qui est payé représente le coût de la vie pour le travailleur salarié et le reste de la valeur va à la bourgeoisie sous forme de profit. Les prolétaires sont également exploités lorsqu'ils achètent des marchandises qui seront probablement vendues à un prix plus élevé que le coût de leur production.

Dans la société socialiste[modifier | modifier le wikicode]

Le socialisme, en tant qu'étape de transition entre le capitalisme et le communisme, héritera de nombreux éléments du capitalisme. L'exploitation persistera encore, mais sera généralement moins importante en quantité que l'exploitation sous la société capitaliste. Dans une entreprise d'État, les travailleurs peuvent être payés une fraction de la valeur apportée à l'entreprise, mais comparé à une entreprise capitaliste, une plus grande partie de la valeur surplus extraite peut circuler comme financement pour les services publics et ainsi la valeur surplus extraite revient finalement au travailleur. Les coopératives ont également le potentiel d'exploiter les non-membres par l'échange de marchandises ou par des externalités telles que la création de pollution.

Théorie[modifier | modifier le wikicode]

L'exploitation est l'appropriation (prise) du produit surplus par l'individu ou la classe qui contrôle les moyens de production.[1]

Le produit surplus est le produit qu'une société ou un individu produit en excès de leurs besoins de survie. Le produit surplus permet à une société de croître et de progresser techniquement et culturellement, et il ouvre la possibilité d'un loisir accru. Cependant, le produit surplus est également la base de inégalité économique : si tous les membres de la société ne font que survivre, alors tous sont essentiellement égaux ; mais une fois qu'un surplus existe, certains peuvent recevoir une partie du surplus et d'autres non. La société de classes s'est développée sur la base d'un partage inégal du produit surplus, d'abord comme société esclavagiste dans laquelle les propriétaires d'esclaves vivent du produit surplus des esclaves ; puis comme société féodale dans laquelle les seigneurs vivent du produit surplus des serfs, maintenant comme société capitaliste dans laquelle les capitalistes vivent du produit surplus de la classe ouvrière. Le fil conducteur qui traverse l'histoire depuis les sociétés esclavagistes est qu'une classe dominante contrôle les moyens de production et vit en exploitant le travail de la classe subordonnée qui constitue la grande majorité de la population. Cette exploitation a toujours nécessité que la classe dominante emploie un système de techniques pour contraindre les gens à travailler.[2] La contrainte extra-économique (violence non déguisée) a caractérisé les sociétés esclavagistes et féodales, tandis que le capitalisme a développé un système qui reposait sur la contrainte économique pour travailler.

Le degré d'exploitation est mesuré par le rapport entre le produit surplus et le produit nécessaire à la survie (le produit nécessaire); en d'autres termes, c'est le rapport entre le travail surplus et le travail nécessaire.[2] Sous le capitalisme, où le produit et le travail peuvent être exprimés en termes de valeur, le degré d'exploitation peut également être exprimé comme le rapport entre la valeur surplus et les salaires:

E = S / V

Où:

E = taux d'exploitation (également appelé taux de la valeur surplus)
S = valeur surplus
V = salaires (Karl Marx appelait les salaires 'capital variable')

Sous le féodalisme, l'exploitation était basée sur la propriété des terres par les seigneurs féodaux et la propriété partielle de la force de travail. Le produit surplus créé par le travail des serfs paysans était approprié sans rémunération par les seigneurs féodaux et prenait la forme du fermage féodal. L'exploitation féodale est passée par deux étapes principales : l'économie de la corvée et l'économie du quitrent. Dans l'économie de la corvée, le paysan travaillait une partie du temps sur les terres du seigneur féodal et une partie sur le lopin de terre qui lui était alloué. Le travail nécessaire et le travail surplus étaient séparés l'un de l'autre dans le temps et dans l'espace. Sous le système du quitrent, tout le travail était effectué sur la ferme du paysan. Dans l'économie de la corvée, le travail surplus prenait la forme du fermage en travail ; dans l'économie du quitrent, le fermage était payé en produits ou en espèces.[2]

L'appropriation du surplus dans le mode de production capitaliste découle du caractère spécifique de son processus de production, en particulier de la manière dont il est lié au processus d'échange. Les capitalistes s'approprient un surplus parce que les capitalistes achètent la force de travail des travailleurs à un salaire égal à sa valeur, mais, en contrôlant la production, ils extraient un travail supérieur à l'équivalent de ce salaire. Marx différait des économistes politiques classiques, qui voyaient l'exploitation comme résultant de l'échange inégal du travail contre le salaire. Pour Marx, la distinction entre travail et force de travail permettait à cette dernière d'être vendue à sa valeur tandis que le premier créait le surplus. Ainsi, l'exploitation se produit dans le mode de production capitaliste à l'insu des participants, cachée par la façade de l'échange libre et égal (voir fétichisme de la marchandise).[3]


Mais la 'réalisation des profits' n'est rien d'autre que l'exploitation capitaliste. Son secret a donné lieu à l'étude de l'économie politique ; et depuis que Marx l'a révélé, l'économie orthodoxe s'est consacrée à le cacher à nouveau. Aucun mode de production précédent n'a nécessité un tel travail intellectuel pour déterrer, exposer et ré-enterrer sa méthode d'exploitation, car dans les sociétés précédentes, les formes d'exploitation étaient transparentes : tant de jours de travail donnés, ou tant de blé réclamé par les représentants de la classe dirigeante. Le capitalisme est unique en cachant sa méthode d'exploitation derrière le processus d'échange, rendant ainsi l'étude du processus économique de la société une condition nécessaire à sa transcendance. L'exploitation est également obscurcie par la manière dont le surplus est mesuré dans le mode de production capitaliste. Le taux de profit (s/(c+v)) calcule la plus-value comme une proportion du capital total avancé, constant et variable, le ratio des intérêts aux capitaux individuels, car c'est selon la quantité de capital total avancé que les parts de plus-value sont appropriées. Mais à mesure que le capital s'étend, le taux de profit peut baisser, cachant une augmentation simultanée du taux d'exploitation défini comme le ratio du surplus au travail nécessaire, le taux de plus-value, s/v (voir taux de profit décroissant).[3]

L'exploitation d'une classe par une autre rend les relations entre les classes antagonistes et donne lieu à la lutte des classes.

L'établissement de la propriété sociale des moyens de production élimine les classes exploitantes et met fin à l'exploitation de classe.[2]

Exploitation extensive vs intensive[modifier | modifier le wikicode]

Autres œuvres[modifier | modifier le wikicode]

  • Académie des sciences de l'URSS, . Grande Encyclopédie soviétique, "Exploitation". Disponible sur The Free Dictionary et Fandom wiki farm
  • Collins Dictionary of Sociology, 3e éd., 2000. "Exploitation et appropriation" (HarperCollins). Consulté via The Free Dictionary
  • Susan Himmelweit, 1991. "Exploitation," in Tom Bottomore, ed. A Dictionary of Marxist Thought (Blackwell)

Références[modifier | modifier le wikicode]

  1. ↑ Collins, 2001
  2. ↑ 2,0 2,1 2,2 et 2,3 Grande Encyclopédie Soviétique, "Exploitation."
  3. ↑ 3,0 et 3,1 Susan Himmelweit, 1991.