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Gilles Deleuze

De ProleWiki
Gilles Deleuze
Né18 janvier 1925
Paris, France
Décédé4 novembre 1995
Paris, France
Tradition scolairePost-structuralisme
Postmodernisme
French Theory
NationalitéFrançaise

Gilles Deleuze (18 janvier 1925 – 4 novembre 1995) était un philosophe français post-structuraliste. Il est l'une des figures majeures de la French Theory. Sa pensée est profondément anticommuniste anti-hégélienne et anti-marxiste.[1]

Idéologie[modifier | modifier le wikicode]

Anti-hégélianisme fondateur[modifier | modifier le wikicode]

Deleuze a joué un rôle central dans la déshégélianisation de la philosophie française.[1] Son ouvrage Nietzsche et la philosophie (1962) a introduit une lecture anti-dialectique de Nietzsche dans la pensée française. Pour Deleuze la dialectique hégélienne était une pensée de la réconciliation et de la soumission. Il lui opposait une pensée de la différence pure et du multiple radical. Ce rejet de la dialectique était en réalité un rejet du marxisme. Dans la France de l'après-1968 l'anti-hégélianisme servait de substitut élégant à l'antimarxisme.[1]

Le concept comme produit[modifier | modifier le wikicode]

Deleuze définissait la philosophie comme la création de concepts.[1] Le philosophe serait un producteur de concepts nouveaux comme l'ouvrier produit des marchandises. Cette conception transforme la philosophie en activité marchande. Elle remplace l'exigence de vérité par l'exigence de nouveauté. Le critère n'est plus la correspondance au réel mais l'originalité commerciale. Cette définition relève de l'aliénation capitaliste que Deleuze prétendait combattre.[1]

Rejet du matérialisme historique[modifier | modifier le wikicode]

Deleuze rejette le matérialisme historique et la lutte des classes. Dans L'Anti-Œdipe (1972) coécrit avec Félix Guattari il remplace l'analyse des rapports de production par une analyse du désir. Le capitalisme ne serait pas d'abord un mode d'exploitation mais une machine à coder et décoder les flux de désir. Cette approche délaisse entièrement l'économie politique marxiste pour une métaphysique du désir inspirée de la psychanalyse.[1]

Nomadisme et micropolitique[modifier | modifier le wikicode]

Deleuze théorise le nomadisme et la micropolitique contre ce qu'il appelle les « molarités » (l'État le parti la classe sociale).[1] Toute organisation collective stable est présentée comme oppressive. Le révolutionnaire serait un nomade fuyant toute structure. Cette position est profondément anarchisante et antipolitique. Elle rend impossible toute prise de pouvoir par la classe ouvrière qui exige au contraire une organisation disciplinée et centralisée.[1]

Deleuze et la French Theory[modifier | modifier le wikicode]

Deleuze est l'un des auteurs les plus promus par la French Theory.[1] Son œuvre a été massivement diffusée dans les universités américaines. Elle y a nourri les gender studies les études postcoloniales et les courants identitaires. Sa pensée de la différence a fourni un langage sophistiqué à la fragmentation identitaire de la gauche. Elle a permis de remplacer la lutte des classes par une multitude de luttes locales sans horizon stratégique commun.[1]

Néo-fascisme et idéologie du désir[modifier | modifier le wikicode]

Le philosophe marxiste Michel Clouscard a montré les conséquences politiques de la pensée deleuzienne.[1] Dans Néo-fascisme et idéologie du désir (1972) Clouscard analyse comment la libération du désir prônée par Deleuze et Guattari sert le capitalisme. Le désir libéré de toute norme collective devient un désir de consommation. La transgression permanente des interdits fragilise les solidarités de classe. Elle prépare les conditions subjectives du fascisme. La boucle de la French Theory au fascisme passe par l'individualisme hédoniste qu'elle promeut.[1]

Le philosophe Gilles Deleuze et son épouse Fanny figurent parmi les 69 signataires de la tribune publiée le 26 janvier 1977 dans Le Monde et Libération, réclamant la relaxe de trois hommes incarcérés pour abus sexuels sur mineurs de moins de 15 ans, au nom d'une remise en cause de la loi et de la notion de consentement des enfants[2].

Voir aussi[modifier | modifier le wikicode]

Références[modifier | modifier le wikicode]

  1. ↑ 1,00 1,01 1,02 1,03 1,04 1,05 1,06 1,07 1,08 1,09 1,10 et 1,11 Aymeric Monville (2023-07-24). "Requiem pour la French Theory" Initiative Communiste.
  2. ↑ Fiona Moghaddam et Cécile de Kervasdoué (2020-01-02). "Quand des intellectuels français défendaient la pédophilie" France Culture. .