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Mediapart

De ProleWiki

Mediapart est un journal en ligne français fondé en 2008 par l'ex-trotskyste Edwy Plenel.[1] Il pratique un journalisme d'enquête financé uniquement par les abonnements. Sa ligne éditoriale se réclame de l'indépendance et de la gauche. Son traitement de certaines questions internationales et son positionnement vis-à-vis de La France insoumise font l'objet de critiques récurrentes dans les milieux de gauche radicale et marxiste.[2]

Histoire[modifier | modifier le wikicode]

Mediapart est fondé le 16 mars 2008 par quatre journalistes. Edwy Plenel est l'ancien rédacteur en chef du journal Le Monde. Il devient le visage du nouveau média. François Bonnet Laurent Mauduit et Gérard Desportes complètent l'équipe fondatrice. Marie-Hélène Smiejan apporte son expertise en gestion.[3]

Le journal se lance avec un capital de départ de 2,9 millions d'euros. Les fonds proviennent des fondateurs eux-mêmes à hauteur de 60%. Le reste vient d'amis et d'investisseurs extérieurs. Xavier Niel apporte 200 000 euros.[4]

Le modèle économique est innovant pour l'époque. Aucune publicité n'est diffusée sur le site. Aucune subvention publique n'est acceptée. Le financement repose entièrement sur les abonnements. Le journal atteint l'équilibre financier en 2010. Il devient rentable en 2011. En 2024 il revendique plus de 233 000 abonnés.[5]

En octobre 2019 une étape majeure est franchie. Mediapart transfère 100% de son capital au Fonds pour une Presse Libre (FPL). Ce fonds de dotation à but non lucratif rend les parts incessibles. Cette structure est conçue pour protéger l'indépendance du journal. La valorisation lors de ce transfert est de 16,3 millions d'euros.[6]

Depuis mars 2024 Carine Fouteau remplace Edwy Plenel comme présidente et directrice de la publication.[7]

Enquêtes notables[modifier | modifier le wikicode]

Mediapart s'est fait connaître par plusieurs enquêtes à fort retentissement politique.

L'affaire Bettencourt éclate en juin 2010. Le journal publie des enregistrements clandestins réalisés par le majordome de Liliane Bettencourt. Ces enregistrements révèlent un possible financement illégal de la campagne de Nicolas Sarkozy en 2007.[3]

L'affaire Cahuzac éclate en décembre 2012. Mediapart révèle que Jérôme Cahuzac ministre du Budget possède un compte bancaire non déclaré en Suisse. Cahuzac dément sous serment devant l'Assemblée nationale. Il démissionne en mars 2013. Il avoue en avril 2013. Il est condamné en 2016 pour fraude fiscale et blanchiment.[8]

L'affaire Sarkozy-Kadhafi démarre en 2011. Le journaliste Fabrice Arfi reçoit un disque dur contenant des documents liés au financement libyen présumé de la campagne Sarkozy. En 2012 Mediapart publie un document montrant un accord de 50 millions d'euros. Nicolas Sarkozy est jugé en 2025 pour corruption et trafic d'influence.[9]

L'affaire Benalla en 2018 révèle qu'un collaborateur de la présidence a violenté des manifestants le 1er mai. Mediapart publie des enregistrements accablants. Le parquet tente une perquisition dans les locaux du journal en 2019. Mediapart bloque cette tentative. L'État est condamné en 2022 pour cette tentative jugée disproportionnée.[10]

Ligne éditoriale et critiques depuis la gauche[modifier | modifier le wikicode]

Positionnement géopolitique[modifier | modifier le wikicode]

Mediapart adopte sur les questions internationales une ligne alignée sur les positions de l'OTAN et des États-Unis. Ce positionnement est particulièrement visible dans le traitement de la guerre en Ukraine.[11]

En novembre 2022 le journal publie un article intitulé « Ukraine : cette gauche qui n'a rien appris ». Les journalistes y qualifient les analyses anti-impérialistes de la gauche radicale de dépassées et de figées dans la guerre froide. Cette attaque cible le journal Le Monde diplomatique, la France insoumise et la revue britannique New Left Review. Des abonnés dénoncent alors un mépris pour la tradition anti-impérialiste de la gauche française.[12]

Le Point Critique un média en ligne critique relève des accusations non étayées et des déformations des faits dans les articles géopolitiques de Mediapart. Il pointe notamment l'usage par le journal de sources liées à l'Institut de recherche stratégique de l'École militaire (Irsem). Cet organisme dépend du ministère de la Défense.[11]

Hostilité à Jean-Luc Mélenchon et à la France insoumise[modifier | modifier le wikicode]

Le traitement de Jean-Luc Mélenchon et de La France insoumise par Mediapart complètement biaisé.

En octobre 2018 lors des perquisitions visant la France insoumise Mediapart publie des articles à charge. Le journal présente les découvertes des perquisitions sans mise en perspective politique. Il omet de relever le deux poids deux mesures entre LFI et La République en Marche pourtant visée par une plainte d'Anticor.

Révolution Permanente organisation trotskyste marxiste estime que Mediapart a manqué de hauteur journalistique et a cédé à l'emballement médiatique utile au pouvoir macroniste. Le journal trotskyste rappelle qu'Edwy Plenel dénonçait en 2014 une persécution de l'administration fiscale quand Mediapart subissait un redressement. Mais Plenel n'a pas appliqué la même grille de lecture critique aux perquisitions contre Mélenchon.

L'association Acrimed observatoire critique des médias documente dans son livre Les médias contre la gauche (2023 réédité en 2025) comment l'ensemble du champ médiatique y compris Mediapart participe à la diabolisation de La France insoumise. L'ouvrage montre que les grands médias ont réussi à faire accepter l'idée que le mouvement de Jean-Luc Mélenchon serait un parti antisémite après le 7 octobre 2023.

Le député LFI Aurélien Taché dénonce en août 2025 une hostilité systématique de Mediapart contre son mouvement. Il affirme que le journal publie quotidiennement des articles défavorables à LFI. Il considère qu'Edwy Plenel manifeste une préférence constante pour la droite face à Jean-Luc Mélenchon.[2]

Modèle économique et contradictions[modifier | modifier le wikicode]

Mediapart se présente comme un contre-pouvoir indépendant. Son modèle sans publicité ni actionnaire depuis 2019 est unique dans la presse française.

Des critiques de gauche soulignent cependant une contradiction. Le journal dépend de ses abonnés pour son financement. Cette quête de respectabilité dans le champ journalistique le conduirait à adopter des positions conformes à la doxa médiatique dominante. Ce conformisme est particulièrement visible sur les questions internationales.

Le journal a pourtant joué un rôle positif dans plusieurs affaires. Il a défendu Adama Traoré victime de violences policières en 2016. Il a enquêté sur les crimes de l'État français. Il a dénoncé la corruption de la classe politique bourgeoise. Ces